mercredi 20 août 2008
Sur la route œufs gaine – 7 (la suite en images)
La suite en mots arrivera le 22 août...
mardi 19 août 2008
De la lenteur
J'aime beaucoup l'idée que je vous écris ce billet sur la lenteur, depuis le siège avant passager de ma voiture lancée à plus de cent kilomètres à l'heure...
Peut-être est-ce parce que je suis née en retard de quinze jours, peut-être sont-ce ces cinq minutes pendant lesquelles je n’ai pas respiré, à ma naissance… Un docteur avait dit à ma mère que je passerais ma vie à essayer de rattraper ces cinq minutes… Je n’en sais rien. Je crois que mon temps est différent du vôtre. Ce n’est pas que je ne le maîtrise pas, le temps ne m’angoisse pas, mais… peut-être passe-t-il différemment pour moi. Peut-être pas, je ne suis pas vous, après tout. Je ne suis pas pressée, jamais, j’ai l’impression de voir le monde courir tout le temps. Je ne cours pas, j’ai horreur de ça.
Fin de matinée sur l’île. Je viens de me réveiller et je bois mon café dehors, face à la mer.
Il me dit : « on pourrait rester là des heures, sans bouger, juste à regarder ». Je comprends ça. Je n’ai pas besoin d’aller visiter les coins et les recoins, j’aime me poser quand je voyage, m’arrêter longuement pour contempler. Parfois, quand je vois des touristes, je me dis qu’ils visitent les pays comme on va au musée. Deux secondes par toile, cinq minutes par salle. Je ne sais pas faire ça. Quand je vais au musée, je marche tranquillement, je regarde un peu partout, j’attends ce qui va me sauter au visage. Ça finit toujours par arriver. Quand le choc survient, je m’arrête, je m’assois. Longtemps. Une toile ou deux suffisent. Je m’en imprègne, je les grave au fond de moi et je m’en vais.
Suis-je lente parce que je ne suis pas pressée ? Je me suis longtemps posé la question. A une époque où je maîtrisais parfaitement l’art de l’auto flagellation, je me voyais comme une grosse vache qui broutait bêtement toute la journée, mollement. Aujourd’hui... je crois que je ne suis pas si grosse que ça ! Je regarde les trains avec délice, ce ne sont jamais les mêmes, je connais de merveilleux brins d’herbe, des nuages insensés, j’avance doucement mais avec bonheur. Je ne suis pas baguée, je dors à l’heure de la traite et seuls ceux que j’aime profitent de mon lait.
J’ai des amis qui font tout à horaires fixes, je ne sais pas faire ça non plus. Je mange quand j’ai faim, je dors quand j’ai sommeil. Bien sûr, n’étant pas complètement coupée de la réalité et du temps des autres, je suis ponctuelle dans mon boulot. J’arrive à l’heure, et même un petit peu en avance, justement pour ne pas avoir à me presser, le temps de regarder dans mon casier, dire bonjour aux collègues, boire un petit café... A la cantine, ceux qui mangent avec moi doivent penser que je suis très croyante. Je pose mon plateau, je joins les mains, et je regarde autour de moi, les autres, ce qu’il y a sur la table, ce qu’il y a derrière la fenêtre, les arbres, le ciel… Je ne peux pas manger directement, j’aurais l’impression d’être une oie ! Pareil pour mon thé et mon café, je les bois toujours tièdes, jamais brûlants. Quelle drôle d’idée que de se torturer ainsi les lèvres la langue et le gosier ! Je ne saurais apprécier la saveur de ces deux zexquis breuvages si je devais m’ébouillanter, alors je prends le temps de chauffer mes mains au bol, de contempler les paysages magiques qui se dessinent à la surface, de me faire des bains de vapeur en mettant la tête au dessus du liquide…
Je prends mon temps. Je ne suis pas lente. Je suis gourmande, c’est différent.
Je crois que pas mal de mes connaissances ont peur de perdre leur temps, il passe trop vite, alors ils courent comme des fous, pour en gagner du temps, ils accumulent les sorties, les activités pour avoir l’impression que leurs journées sont pleines, qu'ils n'ont pas vécu en vain.
Je suis assise dans l’herbe. On pourrait croire que je ne fais rien. Ça peut durer des heures. Ma vie n’est pas moins pleine…
Je vais vous livrer un grand secret de ma pédagogie. Il m’a fallu pas mal de temps pour arriver à cette conclusion mais l’expérience peut parfois servir… Lors de mes premières années d’enseignement, je courais après le programme et l’appliquais scrupuleusement. En moins de dix mois, j’abordais tous les points, voyais toutes les notions imposées par les instructions officielles et faisais tout ce qui m’était possible pour essayer en même temps d’apporter autre chose à mes élèves : des lectures, du rêve, de la poésie, de la réflexion… Et figurez-vous que j’essayais également de combler les lacunes et les retards accumulés, et il y en avait, chaque année un peu plus… Résultat des courses en fin de parcours : nous avions survolé le programme, j’avais distribué force résumés et photocopies miracles (prendre des notes c’est du temps de perdu…) mais mes élèves… qu’en avaient-ils retenu ? Pas grand chose, il m'a bien fallu un jour ou l’autre me l’avouer…
Depuis, je fais moins mais je crois que je fais mieux. Le programme n’est pas bouclé, je sélectionne ce qui me semble vital, c’est toujours difficile car j’aurais envie de tout voir, mais ces programmes ont été faits pour des élèves idéaux qui n’existent pas.
A la fin de cette année scolaire, mes élèves avaient vu peu de notions, pour ceux qui s’y connaissent un peu je peux vous les donner pour mes sixièmes : les classes grammaticales (on les appelait natures au temps jadis !), trois fonctions (Sujet, COD et COI), la conjugaison du présent (indicatif, subjonctif et impératif), de l’imparfait et du passé simple. C’est tout pour ce qui concerne la grammaire et la conjugaison, c’est à dire très peu en regard du programme officiel. Mais je vous assure que ça, ils le savaient VRAIMENT bien, parce qu’on l’a vu et revu et rerevu, qu’ils ont fait plusieurs jolis schémas, récité par cœur, dessiné, chanté et même fait des maquettes c’est vous dire ! La pédagogie « nouvelle » demande aux enseignants de survoler des milliers de notions, de les aborder de manière ludique et inductive quand il faudrait prendre le temps de l'étude, de l'apprentissage, de la répétition, des exercices certes fastidieux mais tellement formateurs... Que je suis vieux jeu…. Bigre ! Je suis en train de m’égarer ! Je crois bien que je me trompe de blog !
Bref, je suis dans ma vie comme dans ma manière d'enseigner : je prends le temps, je sacrifie ce qui ne me semble pas indispensable, je profite de ce qui me semble vital.
Je prends mon temps.
Je ne suis pas lente.
Je suis gourmande, c’est différent.
lundi 18 août 2008
Journal sous Champouix (jours 1 à 4)
Journal sous Champouix – Jour 1
Jeudi 14 août 2008
J’avale le premier comprimé.
Rien.
Je hausse les épaules et méprise la liste des effets secondaires que je me suis empressée de lire avant d’ingurgiter le bidule, j’aime bien être prévenue.
A la sortie de Nantes, sous un ciel entièrement tapissé de gros nuages gris, un auto-stoppeur avec un tee-shirt jaune tient une pancarte sur laquelle il a inscrit : «soleil».
Je prends vite une photo mentale, pour ne pas oublier.
Nous sommes quatre dans la voiture, tout l’espace est occupé. C’est dommage, il était bien mignon mon auto-stoppeur poète…
Nous faisons une pause dans un bar au bord de la route. J’ai tellement faim que je pourrais tuer pour un sandouiche. Est-ce déjà l'un des effets secondaires du Champouix ou n’est-ce pas plutôt le rugissement de la Tiphaine en manque ?
Nous sommes en terrasse, pour bien profiter des pots d’échappement, je rentre à l’intérieur pour commander deux cafés, je m’adresse à l'un des clients, c’est le patron qui me répond. Oups… J’ai commandé deux cafés à un client au comptoir, ça va pas bien moi…
Journal sous Champouix – Jour 2
Vendredi 15 août 2008
Je me suis réveillée en pensant ça :
"Je ne pense que ce que je peux penser".
Ce truc vertigineux me met mal à l'aise, je ne sais pas bien quoi en faire.
J’avale mon second comprimé.
Pour l’instant, tout va bien, j’ai déjà moins envie de fumer, mais j’ai aussi envie de vomir…
Je me décide à aller regarder sur internet ce qu’on dit du Champouix, je tombe sur un article assez inquiétant, ça me perturbe un peu. Je lis les commentaires et me rends compte qu’il est difficile de différencier les effets secondaires supposés du Champouix et ceux de l’arrêt du tabac car ils sont assez similaires. J’ai toujours pensé, peut-être à tort, que fumer était un antidépresseur, il me semble donc assez logique que cesser de fumer puisse entraîner une dépression, d’autant plus que le médicament que je prends ne contient pas de nicotine. Il est possible que je me trompe.
Je fume toujours. Pour ceux qui ne connaissent pas le principe de Champouix, j’explique : on peut fumer durant la première semaine, on choisit ensuite un jour pour arrêter durant la seconde. D’après les témoignages que j’ai lus, on aurait de moins en moins de plaisir à fumer, ce qui rendrait donc l’arrêt plus facile.
Je n’ai pas moins de plaisir à fumer.
Journal sous Champouix – Jour 3
Samedi 16 août 2008
Je vais nourrir les poules avec des restes de poulet. Quand Adèle me le fait remarquer, je réalise l’horreur de mon geste, et ça me fait bien marrer…
Ce Champouix est décidément puissant !
Au milieu des bouchons, suis très irritable, sont-ce les bouchons ou un des effets secondaires du Champouix ? Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas l’effet du manque, puisque je fume encore…
A moins que ce ne soit l’idée de l’arrêt à venir et un manque par anticipation…
Journal sous Champix – Jour 4
Dimanche 17 août 2008
C’est tout de même paradoxal de ressentir les effets du manque quand on n’a pas encore arrêté de fumer…
Méfiance.
Je continue tout de même le traitement, à partir d’aujourd’hui c’est double dose, un cachet le matin, un cachet le soir.
Rien de neuf mais du soleil enfin puisque nous avons rejoint notre sud d’adoption.
Et une lune rousse magnifique à la tombée de la nuit.
Pour les jours suivants, je vous posterai un résumé la semaine prochaine à mon retour car nous allons passer huit jours de vacances avec tout plein d’amis à la montagne.
Le bolg reste cependant ouvert, mais je ne répondrai pas tout de suite aux milliers de commentaires, il faudra être patient !
La bise à vous quatre ! ;-)
dimanche 17 août 2008
Sur la route œufs gaine – 6
Jeudi 7 août 2008, après-midi, Domfront.
Nous sommes attablés à la terrasse d’un café, il fait beau. Dans quelques instants, nous prendrons la route pour la Bretagne. Je sors mon téléphone portable, je compose le numéro de Didier, il faut bien le faire, pour le prévenir de notre arrivée. C’est bizarre de faire ce geste. Etrange sensation que d’appeler quelqu’un qu’on ne connaît pas mais qu’on connaît…Un peu d’appréhension. C’est A. qui répond. Je la vois sourire et je souris moi aussi. « Vous nous reconnaîtrez facilement, nous serons la famille la plus merveilleuse au monde ! » J’exagère un peu, tout de même… mais ça me fait rire, elle aussi. Soudain, la pluie qui se met à tomber furieusement, nous nous rapatrions à l’intérieur du troquet, la communication prend fin de manière abrupte. Plus tard, je laisse un message pour donner notre heure d’arrivée, ils viendront nous chercher au bateau.
Vendredi 08 août, trop tôt le matin, nous partons un peu en avance et… nous nous perdons…
De tiphaine à didiercarnet, 9H38 :
«Je pense qu’on va rater le bateau car on a réussi à se perdre ! je vous tiens au courant ! bisous ! tiphaine»
De didiercarnet à tiphaine, 9H40
« Vous êtes où ? »
De tiphaine à didiercarnet, 9H46 :
« A Locoal Camors… je te jure ça existe ! »
De tiphaine à didiercarnet, 10H30 :
« Bateau de dix heures quarante raté hélas ! sommes à saint pierre dans un bouchon : on va se taper un max de frites et de crêpes pour se consoler ! » (à ce moment là, j’ignore qu’il n’y a pas qu’une seule compagnie qui dessert l’île, je suis une grande naïve… je crois donc que je vais patienter jusqu’à 18 heures en mangeant des crêpes !)
De tiphaine à didiercarnet, 11H03
« On arrive à 11H50 si tout va bien ;-) on est facilement reconnaissables : trois décalqués à lunettes ! »
De tiphaine à didiercarnet, 11H35
« Le bateau a du retard ! ça vous va midi trente ? comme ça si on arrive en avance (on peut rêver)on ira se prendre un café on en a grand besoin » (il me faut préciser que le Poutouland n’a pas l’habitude de se lever si tôt…)
De didiercarnet à tiphaine, 11H40
« On est au port. On vous attend »
De tiphaine à didiercarnet, 11H40
« Zut ! désolés ! si vous voulez nous attendre dans un café dites nous le nom et on vous rejoint. On est dans le bateau toujours à quai… »
De tiphaine à didiercarnet, 11H43
« ça y est ! On recule ! »
De didiercarnet à tiphaine, 11H49
« On est au port. On vous attend Cest quoi le nom du bateau ? »
De tiphaine à didiercarnet, 11H49
« C est j vais mourir le nom du bateau ! locmaria56 »
De didiercarnet à tiphaine, 11H51
« Nom du troquet : la frégate »
De tiphaine à didiercarnet, 11H53
« Ok pour la frégate c est plus d un café dont j ai besoin au secours délivrez moi ! »
De didiercarnet à tiphaine, 11H54
« Bien joué ! C’est le rapide ! »
Et pour être rapide, il est rapide ce foutu bateau… Mon fils et mon homme sont morts de rire, et moi, j’attends de mourir dans un calme très relatif…
De didiercarnet à tiphaine, 12H01
« Je suis en rouge. A. et S. en noir »
De tiphaine à didiercarnet, 12H04
« Moi je suis verte ! titouan a un tee shirt de pirates »
Le bateau arrive enfin, je ne suis pas morte. Ouf ! Et dire que dans deux jours il va falloir renouveler cette épreuve… Surtout ne pas y penser ! J’avance tout doucement, je remonte le quai en fumant une cigarette roulée que j’ai eu toutes les peines du monde à confectionner dans le bateau tant mes mains tremblaient. Pour un peu, j’embrasserais le sol ! Que ça fait du bien d’être vivante ! Des voitures et du monde tout autour de nous, trop de monde, trop de voitures. Nous n’avons pas l’habitude, c’est le genre d’ambiance que nous fuyons. On est comme en décalage. A la terrasse du café la frégate, une autre famille en décalage nous regarde en souriant.
Contact.
(à suivre...)
samedi 16 août 2008
Journal sous Champix : Préambule
Mercredi 13 août 2008, J-1
Je ne l’ai pas oubliée, cette lettre que j’ai écrite à ma dernière cigarette. Deux mois que je me bats. En vain. J'aimerais vous dire que je ne suis pas si lâche, que je ne manque pas de volonté mais je suis encore moins forte qu’elle. Je vous jure que chaque matin je me lève avec la ferme intention d’arrêter. Et chaque midi, je craque. Tant de matins à lutter, à pester, à être en colère contre moi et contre tout le monde, à gueuler au moindre prétexte, à me jeter sur le tabac pour faire cesser cette haine que je sens en moi.
J’ai essayé les patches. Une grosse dose pour commencer et aussitôt des palpitations, sueurs, nausées. J’ai diminué peu à peu, jusqu’à découper un tout petit triangle mais c’était encore trop fort. Sur la notice, il y a un test de dépendance. Je l’ai fait, pour voir. Verdict : je ne suis pas dépendante et je n’ai pas besoin de patche pour arrêter. Mouais… C’est pas vraiment l’impression que j’ai. D’après ce que j’ai compris, puisque j’ai posé la question au médecin cet après-midi, je ne suis pas dépendante physiquement, je fume finalement peu, j’ai beaucoup réduit. Ce ne serait pas la nicotine qui me manque mais le geste. Ce qui expliquerait pourquoi le patche ne fonctionne pas sur moi.
Le docteur : « tant que vous n’aurez pas la volonté… »
Et moi, je peste à l’intérieur de moi, j’enrage. Je déteste qu’on puisse me dire que je manque de volonté, j’ai le sentiment que ça dépasse ma volonté, non, c’est pas un truc que mon cerveau malade a inventé pour me dédouaner, je vous jure que c’est vrai, je veux arrêter de fumer, je ne supporte pas d’être dépendante de ce machin, je hais ce manque, je crois devenir folle parfois à tourner en rond, à renifler la fumée des autres…
C’est tellement rageant et humiliant d’être dominée par un morceau de tabac… Et les petits malins me disent, ben alors, puisque tu détestes ça, soit plus forte que la cigarette, suffit de dire stop, suffit d’avoir de la volonté.
C’est ça…
Tout le monde me renvoie à la gueule mon impuissance, ça m’humilie, ça m’attriste, ça me met en rage mais ça ne me rend pas plus forte ou plus combative.
J’ai essayé seule, je n’ai pas réussi.
Aujourd’hui, je suis allée chez le médecin, pour me faire aider.
On cause des patches, des gommes, j’explique que j’ai déjà essayé. Bien.
- On peut essayer le Champix, si vous voulez.
- Le quoi ?!
- Le Champix.
- Vous plaisantez ? C’est un nom que vous venez juste d’inventer pour me faire rigoler ou ça existe vraiment?
Il enlève ses lunettes, signe que ça va chier.
- C’est un médicament, un produit sérieux, une substance active qui vient se fixer dans les récepteurs nicotiniques.
- Ah…
- Dans les récepteurs du plaisir…
Bon, là, je ne dis rien, je sens que c’est pas le moment de déconner. Il poursuit :
- La première semaine, vous prenez un comprimé le matin, ça vous donne progressivement l’envie d’arrêter, vous ne prenez plus de plaisir à fumer mais vous pouvez continuer à fumer pendant cette période. Ensuite, vous arrêtez totalement et vous passez à deux comprimés par jour, pendant douze semaines. Le plus dur, ce n’est pas d’arrêter, c’est de ne pas reprendre.
- Bien. Va pour. Je vais essayer.
- Un détail : pour les patches, vous avez eu un remboursement ?
- Oui.
- Dommage. Vous n’avez le droit qu’à un remboursement par an. Vous devrez payer le prix fort.
- Bien…
- Ça vous fera une motivation supplémentaire !
- Non… Je sais que non. L’argent n’est jamais rentré dans aucune de mes motivations. Je suis allergique on va dire.
Il me souhaite bon courage. Je m’en vais.
A la pharmacie, je prends un mois de traitement. 125 euros.
Je croise les doigts.
Je vous tiens au courant.
Quand je pense que je prends des champix pour arrêter la clope, ça me fait rire…
mercredi 13 août 2008
Mamzelle la gazelle ( ou la salope d'antilope, au choix selon l'humeur! )
lundi 11 août 2008
Dans le gogospace
samedi 9 août 2008
Doux doudous...
Doux, le doudou. Petit morceau de tissu, petit lapin, petit ours sans défense. Rapiécé, usé, avec son odeur de lessive, de draps, de sommeil et d’enfance.
Doux le doudou…
Mon doudou ! Mon doudou ! crie mon enfant, et il court dans toute la maison à la recherche de son trésor. Chaque objet est retourné avec frénésie, il regarde sous le lit, dans la corbeille à linge, l’armoire, le lave-vaisselle, sous les lauriers peut-être…
Doux mon doudou… Mon petit doudou à moi… Je t’aime bien fort !
J’ai toujours eu peur des doudous. Toujours mal à l’aise avec ces petits trucs qui reçoivent tant d’amour. Il a fallu que je me fasse violence pour accepter que mes enfants aient des doudous. Mère indigne !
Chaque soir, pendant deux ans, j’ai fait tourner les peluches de mon fils. Un doudou différent pour chaque nuit. Pour ne pas qu’il s’habitue, pour ne pas qu’il en élise un. Mère indigné !
Doux… D’où cela vient-il, cette peur des doudous ? Ce n’est pourtant pas bien méchant ces petites bêtes-là…
J’ai quinze ans et ma tante fête ses quarante ans. Immense salle des fêtes, une foule d’invités et une grande table jonchée de cadeaux. Elle les ouvre les uns après les autres, elle crie de joie et de surprise, elle s’extasie. Ma grand-mère arrive avec un petit paquet dans les bras, elle l’offre à sa fille. Ma tante déchire le papier. A l’instant même où elle aperçoit ce qui est à l’intérieur, son visage se décompose et le mascara coule sur ses joues pleines de larmes.
- Mon nounours… mon petit nounours…
Elle pleure et elle oublie les plats qui refroidissent, les invités tout autour, les serveurs qui s’impatientent, la montagne de cadeaux, la musique en sourdine… Elle pleure…
Au milieu de l’immense salle, une petite fille tient son nounours dans les bras.
Moi, je me dandine d’un pied sur l’autre, je voudrais être ailleurs, qu’est ce que c’est que ce truc ridicule qui vient de faire s’écrouler une forteresse en moins d’une seconde. Je la trouve tellement vulnérable… et ça me fait peur. Je me dis que jamais jamais jamais je ne permettrai qu’on puisse ainsi me bouleverser en public aussi facilement. Je trouve ça intolérable, inacceptable qu’un machin comme ça te dézingue en direct, sans prévenir.
Elle pleure, elle pleure, elle ne s’arrête plus, elle serre le petit nounours dans ses bras.
Je devrais être émue, je devrais trouver ça touchant et avoir la larme à l’œil comme tout le monde mais non, rien à faire, ça me terrifie.
J’ai fait la valse des peluches pendant deux ans devant le lit de mon petit bonhomme. Bonsoir monsieur lapin ! Bonjour Mouimoui la souris ! Coucou mademoiselle la coccinelle ! Oh ! mais c’est Coacoa la grenouille qui est là ce soir !
Peine perdue. Il a résisté à toutes mes fourbes tentatives pour le détourner de son noble amour pour son petit lapin.
Raté…
Mes amis : « Tiphaine ! Les enfants ont besoin d’avoir un doudou ! C’est important ! C’est une odeur familière, un objet rassurant qu’ils peuvent emmener partout avec eux, tu ne peux pas demander à un gosse si petit d’être indépendant, qu’est-ce que c’est que cette idiotie ? (en vrai, ils disent connerie, mais je fais comme si j’avais des amis de la haute, pour vous épater !) ».
Et bien sûr, ils ont raison. J’ai lâché l’affaire avec ma fille, pas de valse des doudous, choisis qui tu veux.
J’ai évolué aussi, un peu. Je vous jure. Je comprends qu’ils aient besoin d’avoir un point de repère, besoin de retrouver un truc stable, toujours là, mais j’ai quand même encore un peu de mal. La peur panique quand le doudou est perdu, j’ai du mal à la supporter. Je me suis demandée si j’étais jalouse, je ne le suis pas. Je crois que ce qui me fait le plus peur c’est qu’ils aient besoin de se rassurer dans les bras d’un morceau de tissu, que leur bonheur et leur tranquillité dépendent d’une peluche sans âme. Mère indigne ! Tes bras ne sont pas assez doux !
Ils dorment, je viens de les embrasser, tard dans la nuit. Titouan a son petit lapin sur le visage, l’une de ses pattes est dans sa bouche, il la mordille dans son sommeil. Aziliz a posé son luminou tout contre son cœur.
Ils sont si beaux, tous les quatre. Je suis tellement fière et tellement heureuse.
C’est des conneries tout ça… Mes enfants ne sont pas dépendants d’un petit lapin et d’un petit chat lumineux. Ils sont dépendants de l’amour qu’ils fixent dessus.
Est-ce que c’est si grave d’être dépendant à l’amour ?
Pas vraiment…
Je crois même que c’est une chance.
Finalement, voilà deux petits chéris qui partent plutôt bien dans la vie.
jeudi 7 août 2008
Sur la route, oeufs-gaine 5
Partons dans quelques heures pour la Bretagne, puis, demain matin, prenons le bateau pour aller sur une île dans laquelle il nous attend. Nous ne nous sommes jamais rencontrés.
C'est chouette !
Vive la technologie !
Et vive la vie, surtout !
mercredi 6 août 2008
Sur le chemin des poètes
Titouan se promène avec sa grand-mère.
Il récite un poème.
Nonna : " C'est génial ! Tu le connais par cœur !"
Titouan : "Mais non ! Parker c'est Spiderman, moi c'est Titouan !"







